Je deviens l’observateur de mon corps qui respire tout seul, le spectateur intéressé mais passif du processus respiratoire réglé par l’intelligence supérieure du corps, puis je prends conscience de la présence de mon corps, de sa forme extérieure et je ressens que cette forme délimite cet endroit privilégié où je structure un être humain ;
Emerveillé, je ressens que j’ai le privilège d’être en vie dans un corps humain, tout en observant mon corps qui respire tout seul, je laisse le poids de la tête descendre dans le thorax, et le poids du thorax descendre dans le bas ventre. Je perçois les pulsations du coeur. Tout le poids du corps descend au sol.
J’ajoute une pensée reconnaissante à l’air qui est le milieu que nous partageons avec tant d’espèces vivantes. L’air est le cadeau le plus précieux qui soit. Je prends conscience de ma respiration : à chaque inspiration, je m’emplis de vitalité, à chaque expiration, je me purifie.
En même temps, je ressens que cette vie, que je partage avec tous les vivants sur la planète et même dans le vaste univers m’est parvenue d’abord à travers ma mère que je remercie avec amour de me l’avoir transmise et j’évoque le plus ancien souvenir heureux que je conserve de ma mère, puis j’évoque la génération précédente, c’est-à-dire ma grand-mère, non pas la vieille femme que j’ai connu mais la jeune femme qui a aimé et mis ma mère au monde. Et je remercie sincèrement et avec émotion la mère de ma mère pour avoir servi de passage au courant de la vie. Puis ma reconnaissance va à l’arrière grand- mère.
Et je prends conscience de la succession ininterrompue des mères et si je remontais au bout de cette chaîne, j’aboutirai à la première femme et au-delà, j’arriverai à la première cellule ayant manifesté la vie cosmique sur notre planète.
Je perçois alors que la vie qui palpite en moi est la même que celle du début voici des milliards d’années de la grande aventure de la vie et qu’il n’y a jamais eu la moindre interruption dans cette longue chaîne vivante.
La vie qui court dans mes veines est donc la vie des origines, toujours neuve, quoique si ancienne.
En tout état de cause, je n’oublie pas que le moteur de la méditation, c’est l’image, génératrice d’une émotion.
L’émotion est le grand secret de la méditation, laquelle ne doit pas être une succession stérile de froides diapositives mentales, mais être nourrie d’émotion à tous les stades.
Dans cette méditation yoguique, en choisissant une succession d’images sélectionnées avec soin, on éveille le courant émotionnel souhaité.
J’évoque parmi les êtres humains ceux qui m’ont rendu meilleur. Je réveille ainsi en moi les éléments positifs dont je leur suis redevable.
Et de contempler votre fleur préférée, la visualiser inondée de lumière au cœur de votre poitrine, là où la vie palpite en vous.
Jaya, jaya, devi mata namaha (chantons ce remerciement à l’énergie créatrice)
